HISTÒRIA - Biografies

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FRANCESC MACIÀ I LLUSSÀ

(Vilanova i la Geltrú, 1859 - Barcelona, 1933). Politicien. Né au sein d'une famille des Borges Blanques (Lleida) dont l'activité était le commerce du vin et de l'huile, il étudia à Vilanova, et à l'âge de quinze ans, il entra à l'académie des ingénieurs militaires de Guadalajara (Castille). En 1887 il fut déplacé à Lleida afin de commander les ingénieurs militaires. En 1895 il fut nommé commandant et en 1904, lieutenant-colonel; il dirigea des travaux topographiques parmi lesquels on peut citer le projet du chemin de fer de la Noguera Pallaresa, et en 1888 il s'est marié avec Eugènia Lamarca i de Mier.

Il déclara son désaccord en rapport à l'assaut militaire des sièges d'un magazine satirique «Cu-cut!» et d'un journal «La Veu de Catalunya» (1905), il s'opposa à la loi des juridictions du 1906 et posa sa candidature dans le cadre de la Solidaritat Catalana par les Borges Blanques et Barcelona. Cette attitude politique a été la raison de son déplacement à Santoña (Vieille-Castille); après la préalable promotion à colonel, laquelle Macià n'accepta pas, sa renonce à la carrière militaire devenait nécessaire.

Après avoir réussi dans les deux circonscriptions, il renonça à son acte de député par Barcelone afin de se dédier exclusivement à celle des Borges Blanques en la revalidant à l'occasion de toutes les élections postérieures (mai 1910, mars 1914, avril 1916, février 1918, juin 1919, décembre 1920 et avril 1923); il devînt une personnalité importante dans les milieux politiques de Lleida. Au même temps, il a expérimenté une évolution politique en raison de laquelle son influence personnelle sur le mouvement nationaliste augmenta. Déçu par l'échec de la coalition Solidaritat Catalana (Solidarité Catalane), il commença à se rapprocher du républicanisme catalaniste et de l'ouvriérisme radical.

Il collabora avec Martí i Julià au sujet de l'hebdomadaire «Renaixement», de l'Unió Catalanista (Union Catalaniste), et depuis ses pages il a été le promoteur des positions révolutionnaires, lesquelles ont été exposées publiquement à l'occasion de l'Assemblée des Parlementaires de l'année 1917.

Il a essayé de réunir des secteurs de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière, disséminés dans différentes organisations républicaines et nationalistes, autour d'un programme indépendantiste. De ce fait la Federació Democràtica Nacionalista (Fédération Democratique Nationaliste) a été née (janvier-février 1919) ; celle-ci, en raison de son intérêt à créer un seul front catalaniste, a fait partie de la Conférence National Catalane (avril 1922), donnant lieu à Acció Catalana; mais étant donné que sa proposition de créer un État Catalan indépendant n'a été pas acceptée, il l'abandonna avant d'y trouver une solution. Alors il s'est consacré à organiser, depuis les pages de l'hebdomadaire «La Tralla», un nouveau mouvement pour grouper le catalanisme radical, lequel le 18 juillet 1922 a reçu le nom d'Estat Català et après a établi des liaisons avec les centres séparatistes de l'Amérique ; le centre de La Havane, crée le mois de mars de la même année, a été le premier d'entre eux. Toutefois, Macià n'a jamais abandonné l'idée d'un seul front catalaniste, et il a essayé de combiner les énoncés militaires hégémoniques avec le républicanisme catalan; ainsi, il avait le projet d'une Fédération des Gauches de la Catalogne (février1923), que ne réussit pas. Mais le but de son activité a été Estat Català.

Le 13 septembre 1923, le capitaine général de la Catalogne, Miguel Primo de Rivera, en faisant un coup d'état dès Barcelona, proclama la Dictature Militaire. Il interdit les activités des partis politiques et la démocratie parlementaire. La phobie anticatalaniste de Miguel Primo de Rivera a été la raison pour laquelle ceci a encouragé une politique répressive vers la personnalité nationale catalane, en interdisant l'utilisation publique de la langue catalane dans les actes officiaux, dans les relations commerciales, à l'école... et même, en détruisant 8.000 livres catalans de l'École de la Mer de Barcelone et en interdisant l'exhibition publique du drapeau catalan.

Macià s'exile après du coup d'état, s'est installé à Perpignan vers le milieu du mois d'octobre 1923, et après, à Bois-Colombes, près de Paris.

Il commença la recherche de l'argent pour acheter des armes destinées à l'insurrection pour la libération de la Catalogne, étant en rapport avec des groupements catalans nationalistes de l'Amérique, volontiers d'aider économiquement; au nom du gouvernement provisionnel de la Catalogne, il a avalisé l'Emprunt Pau Claris (avril 1925).

Avec le désir d'atteindre une vaste politique d'alliances, pourvu que son but demeurait, et après l'échec des négociations avec Acció Catalana (Action Catalane), il établit souvent des liaisons avec les syndicalistes de la CNT, avec des groupements irlandais de De Valera (tentative de constituer une Ligue des Nations Opprimées), avec des nationalistes basques et avec le Parti Communiste de l'Espagne, et aussi avec d'autres forces, il constitua le Comité Révolutionnaire de Paris. De ce fait est né le projet de son voyage à Moscou, où il est allé, accompagné de Josep Carner i Ribalta et de José Bullejos, afin de demander de l'aide économique à l'International Communiste (octobre-novembre 1925), mais il n'y réussit pas malgré avoir été présenté par Andreu Nin.

Il a directement préparé et organisé une incursion armée dans la Catalogne, d'abord depuis Bois-Colombes et après depuis Prats de Molló. Le complot de Prats de Molló avorté, Macià a été arrêté ainsi que Gassol, Carner i Ribalta, Bordas de la Cuesta et d'autres à la ville Denise et il a été emprisonné à Perpignan. Après avoir été transporté à la prison de La Santé, à Paris, un procès très renommé commence. Après ces événements la popularité de Macià, qui devint un symbole du peuple catalan, était en hausse.

Ayant Henri Torres en tant que son défenseur, Macià fut condamné à deux mois de prison, mais il avait déjà été emprisonne pendant une telle période; après son retour à Bois-Colombes, il a été obligé à se déplacer en Belgique. Après avoir résidé quelques mois à Bruxelles, accompagnée de Gassol, il s'est embarqué vers l'Uruguay, et il y est arrivé les premiers jours de l'année 1928. Il entra clandestinement en Argentine et, après un procès judiciaire, il y résida pendant plus de six mois; là-bas il parcourût les centres catalans de Buenos Aires, Rosario, Córdoba, La Plata et Mendoza. Il s'est allé à Chili, et s'est embarqué vers la Havane, où il participa activement dans l'assemblée organisée par Carner i Ribalta, par Josep Conangla et par lui-même depuis Buenos Aires. C'est pendant cette assemblée qu'on a fondé le Parti Séparatiste Révolutionnaire de la Catalogne (il en était le président) et on a été approuvé la constitution d'une future République Catalane (septembre-octobre du 1928).

Dès là-bas, toujours avec Gassol, il s'est allé à New York, en route vers l'Europe (vers le milieu d'octobre 1928). Etant donné qu'il ne réussit pas à entrer en Suisse, il retourna à Bruxelles, où il proposa de mener à bien les accords de l'assemblée de La Havane afin de transformer Estat Català en Parti Séparatiste Révolutionnaire de la Catalogne, et ça a provoque des tensions au sein du mouvement. C'est pour ça qu'il a décidé de continuer avec le nom d'Estat Català.

En faisant toujours attention aux complots contre la Dictature, après l'échec du complot de Sánchez Guerra il décida retourner en Catalogne, et il a demandé à nouveau de l'aide économique aux centres catalans de l'Amérique, afin de réaliser une action armée, mais cette fois depuis l'intérieur de la Catalogne. Pendant ce temps, la dictature du général Primo de Rivera était tombée (janvier 1930) et, dans le cadre d'une puissante campagne en faveur de l'amnistie, Macià traversa illégalement la France et est arrivé à Barcelone le mois de septembre de l'année 1930. Il a été arrêté et renvoyé en Belgique. Enfin, le général Berenguer étant vaincu, il retourna à la Catalogne, sans subir aucune difficulté, le 22 février 1931. Il a été présent à la conférence des gauches (mois du mars 1931), et après avoir décide qu'Esquerra Republicana de Catalunya était déjà constitué ; il a été élu président de son Conseil Directeur. Après la réussite d'Esquerra Republicana de Catalunya aux élections municipales du 12 avril, il proclama la République Catalane le 14 d'avril, qui faisait partie d'une Fédération des Républiques Ibériques et la formation du gouvernement de la République Catalane, après avoir destitué le président de la députation monarchique, Maluquer i Viladot. Tout de suite il se chargea du gouvernement de la Catalogne. En tant que président provisionnel de la République Catalane il demanda à tous les conseils municipaux la proclamation de la République dans toutes les villes de la Catalogne et signa le texte official de la proclamation de l'État Catalan sous le régime d'une République Catalane. Il a formé un gouvernement avec Esquerra Republicana et l'Unió Socialista de Catalunya, et il a pris des mesures politiques avec les nouvelles autorités (López Ochoa, Companys, Aiguader, Anguera de Sojo).

Après trois jours de longues négociations, il accepta de reconvertir le gouvernement de la Catalogne en gouvernement de la Generalitat de Catalunya et d'élaborer un Statut d'Autonomie. Il a été le président provisionnel du gouvernement de la Generalitat, et après la crise de décembre de l'année 1931 il aussi a été chargé de la conseillerie d'agriculture. Après avoir été élu député des Cortes Constituantes par Barcelone (juin 1931), il annonça publiquement la victoire du plébiscite du statut et présida la délégation chargé de délivrer son texte au président de la République Espagnole, Alcalá Zamora, accompagné de Gassol, et d'autres. Aussi, il est devenu dépositaire du texte modifié du statut approuvé par les Cortes de la République (septembre 1932). Etant élu député par Barcelone aux élections du Parlement de la Catalogne (novembre 1932), il ouvra les sessions de ce Parlement et après avoir été réélu président de la Generalitat, il a délègue ses fonctions exécutives, d'abord au conseiller Joan Lluhí i Vallescà (décembre de l'année 1932), et après à Carles Pi i Sunyer et Miquel Santaló, lesquels étaient aussi des conseillers. Avec le souci de s'apercevoir de la lenteur de la cession des services à la Generalitat, il a été élu député par Barcelone par Esquerra Republicana de Catalunya (novembre 1933).

L'automne de la même année, les médecins chargés de le soigner l'ont conseillé de ne se fatiguer tellement, compte tenue de son âge. Le mois de septembre, il subit une obstruction intestinale, avec des complications après une intervention chirurgicale. Le matin du 25 de décembre, fête de Noël, de l'année 1933, le Président Francesc Macià i Llussà est décédé à la Casa dels Canonges, dans le Palais de la Generalitat, où il avait fixé sa résidence. Il est décédé en exerçant ses fonctions en tant que président de la Generalitat.

Le corps du Président fut exposé dans la Salle de Sant Jordi du Palais de la Generalitat et deux jours plus tard il fut transporté, sur un avant-train d'artillerie mené par des chevaux et en le rendant des honneurs correspondants aux généraux, au Nouveau Cimetière de Barcelone. En passant devant le Grand Théâtre du Lycée, l'orchestre interpréta Els Segadors (l'hymne national de la Catalogne) en tant que marche funèbre. Ce jour-là a été un jour de deuil unique dans notre histoire.

Tous l'appelaient avec sympathie "l'Avi" (le grand-père), et il est devenu un symbole de la volonté d'affirmation nationale de la Catalogne.